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Color Prescription

Aborder l’expérience de la couleur dans sa dimension sensorielle, 100% physique

Claude Vuillermet anime et dirige l’agence Polyphème, dont les activités de style et de tendance se déploient surtout en amont des filières ; mode, textile, cuir, maquillage.
Sabine Le Chatelier crée son agence en 2017 en s’appuyant sur son expertise au coeur des enjeux du textile et de la prospective couleur matière. Elle enseigne le textile à L’institut Français de la Mode

Les services proposés par Colorprescription

Le projet Colorprescription est né de la rencontre entre deux expertes de la couleur et des tendances Claude Vuillermet et Sabine Le Chatelier.

Elles ont créé en Avril 2021 la première édition de Colorprescription, un nouvel outil : 10 boites singulières, luxueuses et mystérieuses, chaque fois différente, à découvrir au fil de l’année, pour nourrir l’imaginaire des créatifs.

Produit

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Avoir du bleu à l’âme, La Terre est bleue – Edition #1 bleu

K

Le vert est mis – Edition #2 vert

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Brown immersion – Edition #3 brun

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Pink washing – Edition #4 rose

K

White fixation – Edition #5 white

K

No drama red – Edition #6 rouge

K

Grey matters – Edition #7 grey

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yellow wow – Edition #8 yellow

Conférence

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Concevoir l’application couleur autrement

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Toucher la couleur : un luxe extrême

Conseils

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Prospective style et tendances

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Accompagnement au développement couleur/matières/produit

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secteurs textile, sport, cuir, cosmétique, maison, fragrances

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Veille mode et innovation 360°

édition 1
K

Avoir du bleu à l’âme, La Terre est bleue – Edition #1 bleu

édition 2
K

Le vert est mis – Edition #2 vert

édition 3
K

Brown immersion – Edition #3 brun

édition 4
K

Pink washing – Edition #4 rose

édition 5
K

White fixation – Edition #5 white

édition 6
K

No drama red – Edition #6 rouge

édition 7
K

Grey matters – Edition #7 grey

édition 8
K

yellow wow – Edition #8 yellow

Découvrez l’interview de Colorprescription et leur vision de la couleur

L’expertise couleur
selon Colorprescription

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La couleur c’est toujours un parti pris unique et personnel, c’est tout sauf un consensus.

Sabine : Sabine Le Chatelier, cofondatrice de Color Prescription avec Claude Vuillermet. Nous nous sommes rencontrées parce que toutes les deux nous avons travaillé dans le domaine du trend forecasting, de la prévision couleur / matière, plutôt dans les domaines en amont des filières textile et matériaux. Je suis aussi enseignante à l’institut français de la mode, en textile. Nous sommes ici pour parler de ce projet qui nous réunit.

Claude Vuillermet : Comme Sabine a tout très bien raconté, je ne vais pas recommencer. Nous avons un parcours équivalent. Couleur, matière, sont les maîtres mots qui ont toujours guidé mon travail. Je suis très intéressée par l’amont et par l’adaptation de la couleur à la matière et vice et versa.

Si vous étiez une couleur ?

Claude  Une couleur plurielle, volatile, légère, agitée par le vent, insaisissable et changeante, capable de devenir très dense, sombre et inquiétante en quelques secondes.

Sabine  Une couleur de la liberté. Pourquoi choisir ? J’ai toujours tendance à dire qu’en musique on ne choisit pas sa note préférée. Pour moi la couleur c’est pareil. Si je devais choisir une couleur, ce serait une couleur qui chante ou qui dérange. Une couleur qui raconte, une couleur qui plante le décor, qui change le monde pourquoi pas ? Une couleur qui a toute sa puissance.

Une brève définition de la couleur selon vous ?

Claude  Il peut y avoir 1000 définitions de la couleur. Pour moi, l’émotion artistique passe par la couleur ou par son absence. La couleur c’est toujours un parti pris unique et personnel, c’est tout sauf un consensus.

Sabine  C’est d’abord une sensation, une émotion, une expérience physique ou psychique mystérieuse, très mystérieuse. La couleur est très difficile à verbaliser, à rationaliser et c’est selon moi ce qui fait son charme et aussi sa puissance pour les artistes, pour les créatifs, pour nous qui manipulons la couleur au quotidien.

Qu’est-ce qui vous a amené à la couleur ? Quel a été votre cheminement ?

Claude  Très jeune j’ai découvert la peinture contemporaine. J’étais complètement fascinée par les aplats de couleurs de Piet Mondrian. Je suis beaucoup allée dans les musées et je me suis très intéressée à l’usage de la non couleur que faisaient les artistes du milieu du siècle dernier comme Robert Ryman avec ses carrés blancs ou Robert Malaval et l’Aliment blanc.

Sabine  C’est un cheminement professionnel qui a probablement soutenu et enrichi une réceptivité inconsciente, qui était non travaillée. Le travail de bureau de style et de conseil que j’ai beaucoup pratiqué a été une école formidable pour composer avec la couleur, pour la mettre au point, pour contrôler sa conformité, pour la faire entrer en résonance avec des demandes, des identités particulières.
Ce travail de couleur, et mon cheminement dans la couleur c’est comme d’avoir fait ses gammes au piano pendant des années. De temps en temps c’est bien de revenir à ses gammes mais maintenant je suis à même de déchiffrer une partition sans la lire avant, voire d’improviser. C’est un cheminement à la fois humble et expert, dans le domaine de la couleur.

Avez-vous des modèles, des Pygmalions, des sources d’inspiration particulières ?

Claude  C’est une question assez vaste.
J’ai souvent été inspirée par le traitement de la couleur réalisé par des artistes et créateurs japonais, par leur manière d’utiliser l’indigo et le noir.
Mais aussi par les incontournables et magnifiques tableaux italiens de Giandomenico Tiepolo et Carpaccio, entre autres, grâce à la fraîcheur de leurs couleurs qui pour moi est inégalable. C’est mystérieux. Venise et ses lagunes est un tableau toujours présent dans mon œil quand je commence les gammes. Et puis la rue, surtout en Angleterre, m’inspire parce qu’il y a une liberté dans les associations de couleurs que l’on ne trouve pas ailleurs.

Sabine  L’émerveillement artistique en général m’inspire. Je citerais Mark Rothko, Cy Twombly, tous les expressionnistes abstraits américains qui ont un traitement de la couleur tellement puissant. Comme Claude, une fresque dans une église en Italie, c’est quelque chose qui me fait vraiment vibrer. Mais aussi je trouve dans mes modèles, mes sources d’inspiration, des choses très simples, ça peut être une matière textile (parce que j’ai beaucoup pratiqué), une matière dont soudain la grâce colorée est admirable, excitante et inspirante.

Quels sont vos centres d’intérêt et de recherche ?

Claude  Les centres d’intérêts sont multiples, parce que c’est un métier où il faut être comme une éponge. Selon les moments, selon ce qui se passe autour de nous, les centres d’intérêts sont très divers. Quand on sent qu’une gamme arrive, on fait beaucoup de recherches artistiques. Je suis influencée par la nature et par les différents codes couleur des pays que l’on parcourt. La diversité des goûts et des couleurs, c’est vraiment intéressant. Ça fait travailler parce qu’on ne reçoit pas toutes ces informations au même niveau.

Sabine  Innovation, art, futurisme, science fiction, littérature, nouveaux matériaux. Tout ça constitue une veille permanente chez moi. Une veille que j’applique à la couleur ou à d’autres sujets d’ailleurs.

En quoi votre expertise ou votre approche sont-elles singulières ?

Claude  Avec ce projet, Color Prescription, on a tout de suite pris un parti très singulier, dans le sens où, un peu à contre courant de l’époque, on s’est concentré sur la matérialisation de la couleur et sur l’expression de la couleur par de la matière, par du tactile, par du sensible. On a fuit la dématérialisation à l’œuvre partout, tout le temps, en ce moment.
Cette approche est spécifique et la deuxième chose singulière c’est le fait que l’on se concentre aussi sur un message couleur qui va être exprimé en une seule fois dans une de nos éditions. On ne va pas travailler une gamme, avec un choix large, mais au contraire on va travailler autour d’un parti pris mono couleur. C’est notre originalité et aussi ce que l’on a apporté, je pense, de nouveau dans le travail de la prospective couleur.

Quels sont les résultats ou réactions les plus satisfaisant(e)s que vous observez pour vous et vos clients lors de vos missions ?

Sabine  Un grand enthousiasme devant une approche nouvelle. Une compréhension aussi de notre parti pris, ce qui n’était pas tout à fait évident au départ, de la part de gens de natures extrêmement différentes. Des créatifs, des gens du marketing comprennent que l’on a voulu les laisser libres de travailler avec notre parti pris couleur, avec une notion d’amusement. Ce qui est important c’est la réaction d’enthousiasme des gens à qui on a pu s’adresser avec ce projet.

Claude Et je dirais même qu’il y avait non seulement de l’enthousiasme mais aussi de l’attente. On a vraiment senti que nous remplissions une certaine attente, une certaine frustration. Une frustration peut être due à la dématérialisation de notre vie quotidienne, due à la période que nous venons de passer pendant laquelle cette dématérialisation a été très à l’œuvre. On sent quand on montre l’objet, le plaisir de toucher et d’extraire les matériaux de la boîte. Beaucoup de gens nous disent que c’est comme ouvrir un cadeau. La boîte accentue cette impression.

Comment voyez-vous évoluer la place de la couleur dans les années à venir ?

Claude Je trouve que la couleur a une place de plus en plus importante dans la vie des produits et une place de plus en plus longue. La couleur a le temps d’arriver, puis de s’installer et puis elle reste, très souvent elle reste très longtemps. C’est important d’utiliser la couleur pour se différencier dans les produits. Il faut la préconiser avec beaucoup de subtilité. Le mot “subtil”, dans ce travail de prescription de la couleur, est très important. Non seulement pour moi mais pour Sabine aussi, c’est très important d’être subtil, de ne pas avoir de recettes toutes faites, de réfléchir vraiment aux fondamentaux de ces couleurs que nous travaillons.

Sabine Pour moi l’évolution de la couleur c’est toujours autour du plaisir, autour d’une expression de plus en plus personnelle. J’y crois beaucoup à la notion de plaisir. Pour être un peu plus pragmatique, l’évolution de sa production avec des innovations qui vont permettre de la produire différemment, de la produire mieux, peut être que cela va faire naître, non pas d’autres couleurs, mais d’autres natures de couleur. Je pense que c’est toujours un work in progress (travail en cours) et que notre appréciation de la couleur va évoluer aussi en fonction de ces nouveaux standards qui vont apparaître ou disparaître. Je n’en sais rien mais c’est une question très intéressante à mon avis.

Quel projet rêvez-vous de mener ?

Claude  Je rêverais de construire un livre. Je dis construire parce que ce serait un objet où les mots et les couleurs auraient une résonance très particulière. J’aime beaucoup les mots et les couleurs mais ce projet n’est pas encore du tout en route.

Sabine  Moi aussi ça serait quelque chose d’assez littéraire, c’est probablement un fantasme. Ce serait un projet multidisciplinaire: une thèse qui serait réflexive, plus qu’appliquée. Après des années d’expériences, je ressens plus un besoin de réfléchir. C’est un peu un rêve, je ne sais pas si je suis vraiment faite pour ça.

Un nom de couleur que vous aimez particulièrement ?

Claude Le blanc, la page blanche. Saisir la liberté où pourrait s’inscrire, ou pas, une couleur.

Sabine Tous les noms qui sont imagés et un peu drôles en général, je les adore ! “Ventre de puce” par exemple.

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