Experte couleur Anna Arena fashion designer, enseignante, consultante en teinture naturelle et fondatrice THE GOOD COLOR

Anna Arena

Prospective mode et couleur, enseignante, consultante en teinture naturelle
et fondatrice de THE GOOD COLOR

Forte d’une longue expérience en stylisme au sein de plusieurs marques à Milan, New York et Paris, et dans des bureaux de tendances, Anna Arena propose ses expertises en anticipation créative et conception de gammes durables. Elle accompagne aussi les marques de mode et les fabricants de textile dans l’intégration de la teinture naturelle.

Les services proposés par Anna Arena

20 ans d’expérience dans la création de mode, dont 10 ans dans la prevision de tendances mode, textile et couleur.

Atelier

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Couleur & visual merchandising Mode

Conférence

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Utiliser la couleur dans le visual merchandising Mode

Conseils

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Etudes tendances et prescriptions de renouvellement

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Accompagnement à l’intégration de la teinture végétale dans la production industrielle

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Audit et recommandation en merchandising habillement et accessoires de mode

Découvrez l’interview d’Anna Arena
et sa vision de la couleur

L’expertise couleur selon
Anna Arena

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C’est le parfum pour les yeux, c’est la poésie de la vue

Si vous étiez une couleur ?

Si j’étais une couleur, je serais un vert émeraude. C’est une couleur qui me plaît beaucoup, qui me correspond bien. C’est une couleur brillante, profonde, chaleureuse.
C’est une question que l’on m’a posée à plusieurs reprises et je réponds toujours cette couleur : le vert émeraude, parce que je trouve qu’elle me décrit bien.

Une brève définition de la couleur selon vous ?

La couleur pour moi c’est la touche de vie qui fait du bien au regard, c’est le parfum pour les yeux, c’est la poésie de la vue.

Qu’est-ce qui vous a amené à la couleur ? Quel a été votre cheminement ?

J’ai un parcours artistique qui a démarré au lycée, dans un lycée artistique, mais j’ai approché la couleur de façon directe, seulement en école de mode.
En première année je suivais un cours qui s’appelait en italien « cromatologia » donc un cours sur la couleur. Un cours donné par un professeur qui avait un charisme exceptionnel : le professeur Beltrami, de Milan, qui est vraiment resté dans mon cœur parce que c’est lui qui m’a ouvert les yeux sur la couleur.
Il avait une approche très sensible. Il racontait beaucoup d’histoires sur la couleur, sur les pigments, sur les teintures, sur la relation entre la mode et la couleur puisque c’était une école de mode. Il tenait aussi beaucoup à ce qu’on réfléchisse vraiment sur ce que que la couleur était pour nous, à creuser plus en profondeur. J’ai beaucoup aimé ce cours.
Je pense que si j’en parlais avec d’autres anciens étudiants, ils ressentiraient aussi la même chose que moi et auraient le même souvenir de ce professeur très touchant.

Avez-vous des modèles, des Pygmalions, des sources d’inspiration particulières ?

Comme je l’ai dit tout à l’heure, je peux dire que j’ai un Pygmalion pour tout ce qui est le sentiment de la couleur qui est ce professeur italien monsieur Beltrami. Comme je le disais, c’est cette personne qui m’a donné une première approche de la couleur très très humaine et sensible.
Ensuite j’ai découvert l’histoire de la couleur de façon très savante à travers Michel Pastoureau. Ses livres et ses conférences sont fascinants. Il nous plonge dans l’histoire, dans le passé. J’adore l’écouter, j’adore le lire. C’est un personnage que je définirais comme une source d’inspiration.
En troisième, je dirais Michel Garcia, qui est la première personne qui m’a appris la teinture végétale et à qui je dois beaucoup de part sa générosité, sa façon d’expliquer, sa patience. Il a cette faculté de transmettre. Ces personnes-là ont un don.
Ils sont tous les trois pour moi une source d’inspiration infinie, et sont très précieux.

Quels sont vos centres d’intérêt et de recherche ?

J’ai deux principaux centres d’intérêts autour de la couleur. Le premier est la couleur dans les tendances de mode. Avec le terme « mode » j’englobe le mode de vie : le lifestyle, donc pas seulement l’habillement mais aussi la maison, la décoration, le maquillage, tout ce dont on ne s’entoure pas forcément par nécessité mais par plaisir.
Suivre ses tendances est très intéressant, elles sont un miroir de la société. Les tendances nous représentent beaucoup plus que ce que l’on pense. Suivre ces évolutions, je le fais pour le travail mais aussi par passion.
Un deuxième axe de recherche est la teinture naturelle. J’ai découvert la teinture naturelle il y a une dizaine d’années et je m’en suis petit à petit passionnée. La teinture me permet de créer mes couleurs, ce qui est une nouveauté pour moi et un déclic incroyable. Tout d’un coup j’ai découvert qu’en créant mes couleurs, je sortais d’un schéma préconstruit, que je partais sur du hors-piste.
La création, c’est alors une vraie découverte pour moi et c’est très enrichissant.

En quoi votre expertise ou votre approche sont-elles singulières ?

En premier je tiens à ce que mes couleurs soient le résultat d’un parcours non toxique. Un parcours qui ne fait pas de dégâts, qui ne laisse pas de traces. La couleur doit être un moyen d’amélioration de notre vie, de notre quotidien, de la beauté de nos environnements, avec un impact le moindre possible sur nos écosystèmes.
Je pense vraiment que ce soit possible, et même possible à une large échelle, au niveau industriel. C’est sur ce sujet que je concentre mon expertise en ce moment et que j’étudie pour le développer plus.

Quels sont les résultats ou réactions les plus satisfaisant(e)s que vous observez pour vous et vos clients lors de vos missions ?

Ce qui est le plus satisfaisant, ce n’est pas vraiment quand le client est content des couleurs que je propose. L’effet « Waouh» fait toujours plaisir ! Voir les gens étonnés, très contents d’un projet c’est plaisant.
Mais c’est quand on arrive à construire ensemble de belles harmonies de couleurs, cohérentes, à construire de belles histoires qui sont le résultat d’un travail d’équipe, d’un workshop, d’un travail collectif, que je vois le bonheur dans le regard des clients, que je vois leurs yeux qui brillent.
C’est ça le plus satisfaisant, c’est à ce moment là.

Comment voyez-vous évoluer la place de la couleur dans les années à venir ?

À mon avis, la couleur va avoir de plus en plus d’impact et va être un vrai centre d’intérêt commun. Il y a une prise de conscience en ce moment, des entreprises et des marques, par rapport aux bienfaits de la couleur.
On aura beaucoup de besoins liés à la couleur dans notre futur. La couleur ne sera plus seulement un instrument de marketing mais réellement un moyen de bien-être.
Nos yeux sont de plus en plus stimulés par les écrans, par tout ce qui est numérique, virtuel. On peut se demander quelles couleurs verrons-nous demain ? Quelle sensibilité à la couleur auront nos enfants en comparaison à nous, leurs parents, à nos grands-parents ?
Cette évolution, en train d’accélérer, est fascinante et je pense que l’on va bientôt voir une nouvelle place accordée à la couleur dans notre société.

Quel projet rêvez-vous de mener ?

Je ne sais pas si c’est un projet. C’est peut-être un rêve plus qu’un projet rêvé. J’ai toujours rêvé de faire un voyage à travers plusieurs parties du monde pour aller chercher, connaître, voir les couleurs de différents peuples. Voir les pigments, les maquillages, les teintures. C’est quelque chose qui me fascine et je pense que ça fascine tous les designers coloristes comme moi.
J’aime particulièrement le voyage et j’aimerais beaucoup lier les deux choses. Je l’ai déjà fait, un petit peu, par le passé mais c’est vrai que faire un voyage dans ce seul but est un rêve. Ce n’est pas du tout original ! Plein de personnes ont déjà fait ce genre de voyage, et l’ont raconté, l’ont filmé.
Maintenant que j’ai lu et que j’ai vu des documentaires, je crois que ce n’est pas quelque chose que l’on peut seulement lire ou regarder derrière un écran. C’est une expérience de vie qu’il faut faire, qu’il faut expérimenter.
Pourquoi pas ? On verra…

Un nom de couleur que vous aimez particulièrement ?

En général j’aime beaucoup les noms de couleurs qui racontent une petite histoire, qui ont un petit secret caché. Souvent j’ai remarqué que ça concerne les bleus, plus que d’autres couleurs. À mon avis c’est parce qu’il y a moins d’objets naturellement bleus sur Terre. On a moins de mots directement liés à des couleurs bleues.
Alors effectivement, il y a des bleus qui me font rêver. Il y a le bleu de Sèvres, que j’adore, qui me renvoie aux céramiques très belles. Ou encore le bleu Majorelle, le bleu de Prusse. Le bleu égyptien me fait voyager, et rien que le bleu ciel me fait rêver.

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